Le rayon anti-gaspi n’est pas vide à cause des autres clients qui achètent plus vite que vous. Il est vide parce que les étiquettes de réduction ne sont posées qu’à des horaires précis, fixés en interne par chaque magasin. Passé ce créneau, il n’y a tout simplement rien de nouveau à trouver avant le lendemain.
- Les étiquettes de réduction sont collées à des horaires précis et non en continu tout au long de la journée
- Un premier passage a lieu en fin de matinée après les livraisons, un second en fin d’après-midi pour les produits expirant le jour même
- Les produits frais sont contrôlés presque quotidiennement car leur durée de vie courte impose des horaires de démarque différents des conserves
Le stickage, une opération chronométrée, pas continue
Contrairement à l’idée reçue, le personnel ne colle pas les étiquettes de réduction en continu, tout au long de la journée. Le processus suit presque toujours le même schéma, quelle que soit l’enseigne : le personnel scanne les codes-barres des articles dont la date d’expiration est proche. Le système utilise ensuite les jours précédents pour indiquer la quantité de stocks restants, et le personnel établit un nouveau prix sur cette base. Un autre point de rigidité s’ajoute à ça : les règles de stickage ne tiennent traditionnellement pas compte des stocks, de la catégorie de produits ou de la saison, la remise étant fixée la veille ou le jour même de la date d’expiration.
Résultat : un rayon qui se remplit d’un coup, puis se vide tout aussi vite.
Les rayons frais, premiers concernés, mais pas à la même heure
D’après le Baromètre Phenix de l’Anti-Gaspi, les produits frais sont là où il y a le plus de casse, avec environ 5% des produits concernés, donnés, jetés ou vendus en date courte. Viande, volaille et poissons vendus en libre-service dépassent même ce taux.
Ces catégories n’obéissent pas aux mêmes horaires de démarque que les yaourts ou les conserves, tout simplement parce que leur durée de vie, beaucoup plus courte, impose un contrôle presque quotidien. Chaque jour, les employés reçoivent une liste des produits dont la date de péremption approche, classée par emplacement en rayon et actualisée quotidiennement ou chaque semaine selon la durée de conservation des articles. Parmi les articles les plus fréquemment démarqués figurent les steaks hachés et les crustacés, deux catégories exclues des dons aux associations.
Le bon créneau pour tomber sur les étiquettes rouges
Le meilleur moment n’est presque jamais l’ouverture du magasin.
En pratique, un premier passage a souvent lieu en fin de matinée, une fois les livraisons réceptionnées et les rayons frais contrôlés. Un second repérage arrive parfois en fin d’après-midi, pour les produits dont la date tombe le jour même. Les paniers proposés par les supermarchés via des applications comme Too Good To Go sont d’ailleurs le plus souvent disponibles entre 17 heures et 20 heures. Auchan Retail a par exemple choisi d’implanter des espaces anti-gaspi balisés, dédiés aux produits à dates courtes, dans le cadre de son plan RSE.
Chez E.Leclerc Drive, le rayon anti-gaspi s’affiche au même endroit que les autres rayons, mais il reste invisible tant qu’aucun produit à date courte n’est disponible à cet instant précis. L’absence du rayon n’est donc pas un bug d’affichage, c’est un signal de stock, purement mécanique.
Pourquoi ces rayons existent (et ce que dit l’étiquette)
Ces rayons ne relèvent pas seulement d’une opération de communication verte. D’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, la grande distribution est responsable de 14% du gaspillage alimentaire en France. Les premiers espaces dédiés aux produits à dates courtes sont apparus à partir de 2020, sous l’impulsion de la start-up Too Good To Go.
Un hypermarché Leclerc a réussi à ramener ses déchets alimentaires à presque zéro.
La DLC, apposée sur la viande, le poisson ou les produits laitiers, se traduit par la mention « à consommer jusqu’au ». Passé ce délai, le produit est considéré comme non consommable et peut présenter un risque pour la santé. La DDM, elle, ne s’applique qu’aux pâtes, légumes secs, café ou thé, et ne concerne que la qualité gustative, jamais la sécurité alimentaire.
Sources : leclercdrive.fr | wearephenix.com