Un bocal de hareng fumé ou une boîte de maquereau à l’huile, un geste presque automatique au-dessus de l’évier : on égoutte, on jette le liquide, on ne garde que le poisson. Erreur de calcul. Ce jus gras et parfumé qui part dans les canalisations est en réalité la base d’une vinaigrette toute faite, et la clé d’une salade tiède qui revient, ingrédients compris, à moins d’un euro l’assiette.
À retenir
- Ce liquide que 9 personnes sur 10 jettent contient 17% des oméga-3 essentiels du poisson
- Une salade complète et nourrissante peut coûter moins d’un café en terrasse
- L’huile de poisson fumé remplace avantageusement une vinaigrette classique dans de nombreux plats
Le réflexe qui coûte cher (et qui pollue les tuyaux)
L’huile qui recouvre les filets de poisson fumé n’est pas un simple liquide de conservation sans intérêt. Dans les conserves, on retrouve les mêmes nutriments que ceux présents dans les poissons eux-mêmes, car les oméga-3 et autres acides gras polyinsaturés sont liposolubles et ont tendance à se déporter du poisson vers l’huile. une bonne partie de ce qui fait l’intérêt nutritionnel du poisson gras finit… dans le jus qu’on jette.
Les chiffres donnent le vertige. Dix grammes de cette huile apportent 10 % de la dose quotidienne recommandée pour les acides gras à longue chaîne DHA. Côté vitamine D, on la retrouve à hauteur de 5 % de l’apport recommandé pour un adulte dans 10 g d’huile. Une étude relayée récemment va plus loin encore sur les sardines : ce réflexe de jeter le liquide priverait de 17 % des oméga-3 essentiels qui migrent naturellement dans l’huile de couverture. Presque un cinquième des bienfaits, versé directement dans le siphon.
Et il y a un second problème, plus prosaïque : la plomberie. Les huiles ne doivent jamais finir dans l’évier ou la poubelle, car une fois dans les tuyaux, l’huile risque de créer des bouchons. Le geste qu’on croit anodin coche donc deux mauvaises cases à la fois : gaspillage nutritionnel et petit sabotage domestique.
La salade tiède qui recycle tout, sans effort
Le principe est presque bête tellement il est simple. Pour un plat complet à moins d’un euro la part, il suffit de partir de pommes de terre (l’ingrédient qui plombe le moins le budget d’un repas), de filets de poisson fumé effeuillés, et de récupérer le jus du bocal comme base de l’assaisonnement, en y ajoutant selon les envies un trait de vinaigre, un peu de moutarde ou quelques herbes fraîches déjà présentes dans le placard. Le résultat sera nettement meilleur si l’on verse la vinaigrette sur les pommes de terre encore tièdes, car c’est à ce moment-là qu’elles se gorgeront le mieux de la sauce et prendront toutes les saveurs.
Autre détail qui fait gagner du temps et du sel : il n’est pas nécessaire d’ajouter du sel, le maquereau fumé étant déjà salé. Une astuce qui vaut aussi bien pour le hareng que pour le haddock ou tout autre poisson fumé du placard. On peut d’ailleurs utiliser du hareng fumé ou vinaigré, ou tout type de poisson fumé, selon ce qu’on trouve en rayon ou en promo la semaine où l’on fait ses courses.
Pour la version la plus économique, on oublie la crème fraîche et le raifort, on garde juste patates, poisson et jus du bocal détendu avec un peu de vinaigre. Le calcul est vite fait : un sachet de pommes de terre premier prix, une boîte ou un bocal de poisson fumé pris en promotion (Lidl et Action jouent régulièrement sur ce rayon), et le tour est joué pour une assiette qui coûte l’équivalent d’un café en terrasse, mais qui nourrit vraiment.
Ce que le jus de poisson peut remplacer dans votre cuisine
Le réflexe de conservation ne s’arrête pas à la salade du jour. On peut tout à fait remplacer l’huile d’une vinaigrette classique par de l’huile de thon ou de sardine, avec pour recette de base trois cuillères à soupe d’huile de sardines pour une cuillère de vinaigre et une de moutarde. De quoi assaisonner des crudités, des pâtes froides ou même une simple salade verte sans acheter une bouteille d’huile supplémentaire.
Le jus fonctionne aussi comme exhausteur de goût pur et simple. On peut s’en servir pour donner plus de saveurs à une viande, à un poisson ou à un plat de légumes. Un filet dans une poêlée de pommes de terre sautées, un trait sur des légumes rôtis avant de les enfourner, et voilà une sauce gratuite qui remplace le beurre ou l’huile d’olive du quotidien. Ma première astuce consiste à l’utiliser pour vos vinaigrettes, car elle apporte un goût fumé et marin unique à vos salades composées.
Petite précision qui a son importance au moment de choisir son produit : toutes les huiles de conserve ne se valent pas côté nutrition. Il faut faire attention à l’oxydation des lipides lors de la friture et préférer toujours les poissons cuits à la vapeur pour préserver les nutriments, une mention qu’on trouve d’ailleurs directement sur l’étiquette de la plupart des bocaux et boîtes vendus en grande surface. Un critère de choix aussi simple à repérer qu’un prix au kilo, et qui change vraiment ce qui finit dans l’assiette plutôt que dans l’évier.
Source : astucesdegrandmere.net