Je remplissais le placard de paquets de pancakes à chaque rentrée : le matin où j’ai compté ce que 250 g de farine donnaient vraiment, j’ai arrêté net

Vingt-deux pancakes. C’est ce que 250 g de farine, deux œufs et un peu de lait donnent une fois la pâte versée à la louche dans la poêle. Vingt-deux, pour un ingrédient qui coûte à peine 20 centimes. Le jour où j’ai fait ce calcul sur un coin de table, j’ai regardé le paquet de pancakes tout prêts posé sur le plan de travail, celui que je rachetais fidèlement à chaque rentrée scolaire depuis des années, et j’ai compris que je payais cher pour de la farine, du lait et des additifs que je pouvais éviter.

À retenir

  • Un calcul basique révèle une différence de prix stupéfiante entre fait-maison et industriel
  • Que découvrez-vous en lisant la liste des additifs des pancakes du commerce ?
  • Comment un produit si simple à reproduire s’est retrouvé à occuper un rayon entier de votre placard ?

Le matin où la calculette a tout changé

Tout a commencé par curiosité, pas par militantisme anti-gaspillage. Je voulais juste savoir combien de pancakes on pouvait vraiment tirer d’un paquet de farine classique, celui qui traîne dans tous les placards. La recette de base ne varie pas beaucoup d’un site de cuisine à l’autre : 250g de farine de blé, 1 sachet de levure chimique, 50g de beurre doux, 30g de sucre blanc, 25cl de lait, 2 oeufs. Une pâte simple, sans mystère.

Pour évaluer le rendement, je me suis appuyée sur une autre recette bien documentée : pour 4 personnes (10 à 12 pancakes), il faut 140 g de farine, 100 g d’oeuf (2 oeufs) et 16-20 cl de lait. En appliquant la même proportion à 250 g de farine, on arrive logiquement à une vingtaine de pancakes, pas loin de mon compte de départ. un simple paquet de farine à moins d’un euro nourrit une famille entière pendant plusieurs petits-déjeuners.

Le prix de la farine, justement, ne casse aucun budget. Chez Carrefour, on trouve des paquets d’un kilo à 1,00€ le sachet, ou 0,79€, ou encore 0,85€ selon la gamme. Les marques distributeur tirent les prix encore plus bas, avec des sachets à 0,65 € chez Carrefour et Carrefour Market. Pour 250 g, on parle donc de 16 à 25 centimes. Ajoutez deux œufs, un peu de lait et de beurre, et le ticket de caisse pour une vingtaine de pancakes maison tourne autour d’1,20 €, soit environ 6 centimes la pièce.

Ce que coûtent vraiment les paquets du commerce

Le paquet que je rachetais, lui, fonctionne différemment. Les préparations en poudre pour pancakes se vendent en général par lots de deux sachets. Chez Carrefour, deux sachets de 175 g s’affichent à 1,89€, les 2 sachets de 175g, chaque sachet permettant de faire 8 Pancakes. Cela donne 16 pancakes pour 1,89 €, soit près de 12 centimes l’unité, le double du fait-maison, sans même compter le lait et le beurre qu’il faut ajouter en plus.

Et ça, c’est le tarif de la préparation en poudre. Pour les pancakes déjà cuits, prêts à réchauffer au grille-pain façon petit-déjeuner américain, la différence de prix grimpe encore. Un paquet de dix pancakes de la gamme Pasquier pèse 350 g, pour un rayon où le prix moyen dépasse largement celui d’un sachet de farine complet.

Le plus révélateur, ce n’est même pas le prix. C’est la liste des ingrédients. Sur les pancakes industriels tout cuits, on retrouve régulièrement des diphosphates (E450) qui servent d’agents levants et de texturants, des mono- et diglycérides d’acides gras (E471), utilisés comme émulsifiants pour stabiliser et mélanger les ingrédients à base d’eau et d’huile, ainsi que des carbonates de sodium (E500), agents levants qui libèrent du dioxyde de carbone. Certaines références ajoutent même de l’acide sorbique, un additif antifongique utilisé comme agent de conservation (E200). Rien de dangereux en soi, ces additifs sont autorisés et dosés selon la réglementation, mais ça reste beaucoup de chimie alimentaire pour un produit que la farine, l’œuf et le lait suffisent à reproduire à la maison, sans liste d’ingrédients à rallonge.

La rentrée version placard allégé

J’ai fait le calcul un jeudi matin, presse-café dans une main, calculette de téléphone dans l’autre. Sur une année scolaire, avec deux enfants qui réclament des pancakes deux ou trois matins par semaine, la différence de prix entre le fait-maison et les paquets industriels représente facilement l’équivalent d’un plein de courses. Pas de quoi révolutionner un budget familial, mais assez pour se demander pourquoi on continue à remplir le chariot de produits transformés quand la version maison prend cinq minutes chrono.

La recette elle-même ne demande aucune compétence particulière. On fouette les œufs avec le lait, on ajoute le sucre, puis la farine, la levure et le beurre fondu, et on mélange jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène. Un temps de repos d’une vingtaine de minutes améliore la texture, mais rien n’empêche de zapper cette étape un matin pressé. Côté cuisson, la logique reste la même que pour n’importe quelle crêpe épaisse : une noisette de beurre dans la poêle, une petite louche de pâte, et on retourne dès que les premières bulles apparaissent à la surface.

Ce qui a vraiment changé dans mes habitudes, ce n’est pas tant l’économie réalisée que la logique du placard. Un paquet de farine dure des semaines, se prête à mille autres recettes, et ne périme pas au bout de quelques jours comme certains produits frais emballés. Les paquets de pancakes industriels, eux, s’empilaient sans vraiment servir à autre chose qu’à ce seul usage, souvent achetés en double par réflexe de rentrée, avant de traîner dans le placard jusqu’à la date limite. Un sachet de farine à moins d’un euro, planqué au fond d’un placard, peut dépanner n’importe quel matin de semaine pressé, sans avoir besoin d’un rayon entier dédié aux petits-déjeuners tout prêts.