Deux voisins, même appartement, mêmes appareils électroniques, même abonnement EDF. Et pourtant, l’un paie près de 150 € par an rien qu’en veille, l’autre à peine 80 €. La différence ne tient ni à la taille du logement ni au prix du kWh : elle tient à des watts invisibles, ceux que consomment les appareils « éteints » mais jamais vraiment débranchés. Un foyer compte entre 15 et 50 appareils en veille, qui représentent 10 à 15 % de la facture selon l’ADEME. Et cet écart, minuscule en apparence, peut vite doubler la note.
À retenir
- Entre 80 et 150 € par an s’envolent en silencieux : la mystérieuse « charge fantôme »
- Votre ordinateur fixe consomme autant qu’une TV en veille, mais vos vrais champions du gaspillage pourraient vous surprendre
- Des gestes simples et bon marché peuvent vous faire économiser jusqu’à 80 € chaque année
80 € qui s’envolent sans qu’on les voie
C’est le chiffre qui revient dans toutes les études : les appareils tels que les téléviseurs, les ordinateurs, les box internet, les consoles de jeu, etc., en veille, représentent plus de 10 % de notre facture d’électricité, soit à peu près 80 € par an selon l’ADEME. Un montant qui grimpe vite dès que le foyer s’équipe davantage. Pour un foyer moyen de deux adultes et un enfant, la consommation liée aux veilles représente entre 80 et 150 € par an, soit environ 10 à 15 % de la facture d’électricité, selon l’ADEME. Entre ces deux bornes, il y a de la marge, et c’est exactement là que se niche l’écart entre deux foyers pourtant comparables sur le papier.
Le phénomène a un nom, la « charge fantôme ». Le simple fait que ces équipements restent constamment branchés à une source électrique entraîne une consommation d’énergie inutile et souvent méconnue. Un four à micro-ondes qui affiche l’heure, une box qui clignote toute la nuit, une brosse à dents électrique sur son chargeur : rien de tout cela n’est visible sur le compteur au quotidien, mais tout se cumule mois après mois. À l’échelle du pays, le gaspillage prend une tout autre dimension : rapporté à l’échelle nationale, cela représente plus de 8 milliards d’euros chaque année, et l’équivalent de la production de 7 réacteurs nucléaires entièrement mobilisés pour rien.
Pourquoi certains paient presque le double
Le premier facteur, c’est l’âge du parc électronique. La réglementation européenne a évolué par étapes, et un appareil acheté il y a dix ans ne joue clairement pas dans la même catégorie qu’un modèle récent. Depuis 2017, la réglementation européenne limite la consommation en veille à 0,5 W pour la plupart des appareils. Mais les seuils continuent de baisser : d’ici 2025, la consommation électrique en mode veille ou éteint ne devra pas dépasser 0,5 Watt, ou 0,8 Watt si l’appareil affiche des informations, ces limites seront encore réduites en 2027, avec un maximum de 0,3 Watt en mode éteint. un foyer qui a renouvelé sa TV, sa box et son ordinateur ces dernières années paie mécaniquement moins qu’un voisin resté fidèle à son matériel de 2015.
Le deuxième facteur, c’est tout simplement le volume d’appareils branchés en continu. Un couple en télétravail avec un ordinateur fixe, une imprimante, un second écran et une console de jeu n’a rien à voir avec un foyer qui se contente d’une TV et d’une box. On parle alors de cas extrêmes, où plusieurs facteurs se cumulent : une absence de programmation intelligente, aucun système d’extinction automatique, pas de multiprise coupe-veille ni de prise connectée, un logement très équipé avec plus de 40 à 50 appareils électriques laissés en veille. Ajoutez à cela des équipements franchement énergivores et l’écart se creuse encore : des appareils anciens ou énergivores, comme des téléviseurs plasma, micro-ondes à affichage ou box internet de première génération, plombent la facture bien plus qu’un matériel récent aux normes.
Les vrais champions de la gaspille
Tous les appareils ne se valent pas dans cette course silencieuse à la consommation. L’ordinateur fixe truste la première place, et de loin. L’ordinateur fixe (unité centrale + écran) est le champion de la consommation en veille avec 209 kWh/an, soit 42 euros. Vient ensuite la box internet, souvent oubliée alors qu’elle tourne 24 heures sur 24 : une box internet en veille consomme environ 7 W, soit 61 kWh/an (12 euros). Le téléviseur, lui, reste plus raisonnable mais loin d’être neutre, avec un téléviseur en veille qui peut consommer jusqu’à 44 kWh/an, soit environ 9 €.
Ce qui frappe, c’est la logique technique derrière ces chiffres. La carte mère, le port réseau ou l’écran restent alimentés, même à l’arrêt, explique pourquoi un ordinateur fixe pèse tant sur la facture par rapport à un simple chargeur de téléphone. Un détail qui change tout pour les foyers en télétravail : dans un foyer équipé pour le télétravail, cette dépense devient vite notable. Deux ordinateurs fixes allumés en permanence en arrière-plan, et voilà déjà 80 € qui partent en fumée, sans même compter le reste du parc électronique.
Reprendre la main sans se ruiner
La bonne nouvelle, c’est que ce gaspillage se corrige avec des gestes simples et peu coûteux. Les multiprises à interrupteur restent la solution la plus accessible : utilisez des multiprises avec interrupteur pour couper les postes non essentiels en un clic. Un geste qui prend deux secondes le soir avant de se coucher, et qui évite de laisser tourner pour rien la box, l’écran ou la console. Pour les foyers qui veulent aller plus loin, les prises connectées automatisent la coupure : une prise coupe-veille détecte automatiquement quand un appareil passe en mode veille et coupe l’alimentation. Résultat mesuré : elle peut économiser 30 à 80 euros par an selon le nombre d’appareils connectés.
Reste un piège à éviter absolument : tout débrancher sans discernement n’est pas toujours une bonne idée. Certains appareils ne doivent pas être débranchés, le lave-linge utilise la veille pour détecter les fuites d’eau. Avant de généraliser les multiprises coupe-veille à toute la maison, mieux vaut identifier précisément quels appareils tournent pour rien grâce à un wattmètre, un petit boîtier à moins de 15 € qui se branche entre la prise murale et l’appareil. C’est souvent la surprise du mois : ce vieux décodeur TV oublié dans un placard, toujours branché, qui grignote discrètement son quota d’euros chaque année.
Sources : services.totalenergies.fr | solarock.fr