40 € par an sur ma facture pour un PC que je croyais éteint contre 0 € pour celui du bureau d’à côté : ce qui sépare les deux tient à un geste de trois secondes le soir

Deux collègues, deux PC fixes identiques, deux façons de finir la journée. L’un appuie sur le bouton d’extinction avant de partir. L’autre referme juste son écran et laisse la tour tourner « en veille ». Résultat sur la facture annuelle : 40 € d’écart, pour un geste qui prend trois secondes chrono. Ce n’est pas une légende urbaine de bureau, c’est de la physique pure : un ordinateur en veille continue de tirer du courant, jour et nuit, week-ends compris.

À retenir

  • Un PC en veille permanente consomme autant qu’un congélateur qui tourne 24h/24
  • L’extinction complète prend trois secondes mais économise 40 € par an
  • Une simple multiprise à interrupteur (5-15 €) amortit son coût en quelques mois

Pourquoi un PC « éteint » continue de coûter de l’argent

La confusion vient du mot lui-même. Il existe plusieurs états entre l’extinction totale et l’utilisation active, et la plupart des utilisateurs ne font pas la différence. La distinction entre utilisation active, mode veille et veille fantôme (appareil éteint mais branché) est essentielle : un PC fixe en veille consomme encore 30 W, soit 20 % de sa puissance active, et même éteint, la veille fantôme tire 2 W en permanence. Vingt watts qui dorment jamais, ça paraît anecdotique. Multiplié par 8 760 heures dans l’année, ça ne l’est plus du tout.

Le chiffre qui frappe le plus, c’est celui de la répartition. Selon l’ADEME, 75 % de la consommation électrique d’un ordinateur se produit pendant les périodes d’inactivité (veille, écran en veille, veille fantôme). ce n’est pas le moment où vous tapez frénétiquement sur un rapport qui plombe la facture, mais les seize heures où personne n’y touche. Un PC laissé en veille permanente peut ainsi consommer 263 kWh/an rien qu’en veille, soit 53 €, quand le même appareil éteint chaque soir tombe à 123 kWh par an, soit 25 € au tarif réglementé selon les données de l’ADEME reprises sur plusieurs comparateurs. L’écart de 40 € annoncé dans le titre colle parfaitement à ce genre d’écart mesuré entre les deux usages.

Un autre comparatif, basé sur la même source ADEME, arrive à une conclusion similaire : l’ordinateur fixe (unité centrale + écran) est le champion de la consommation en veille avec 209 kWh/an, soit 42 euros. Un chiffre qui n’a rien d’anodin puisqu’il équivaut, selon la même source, à autant qu’un congélateur qui tourne 24 h/24. Voilà pour la comparaison qui frappe l’imagination : votre tour de bureau, en veille, mange autant qu’un appareil censé garder vos surgelés à -18°C toute l’année.

Le geste de trois secondes qui fait toute la différence

Le fameux « geste du soir » n’a rien de mystérieux. C’est l’extinction complète, ou à défaut la mise en veille prolongée, contre la simple mise en veille « suspendue » qui laisse tout allumé en sourdine. La veille simple garde la session ouverte dans la mémoire vive, ce qui exige une alimentation constante des barrettes RAM. La veille prolongée, elle, écrit tout sur le disque dur puis coupe l’alimentation, ce qui revient quasiment à une extinction classique.

Concrètement, cocher la bonne option dans les paramètres d’alimentation de Windows ou macOS, ou simplement presser le bouton power avant de quitter le bureau, suffit à basculer d’un scénario à 53 € par an à un scénario à 25 €. Sur un an, l’écart s’explique par un calcul simple : un PC fixe utilisé 3 h/jour consomme (150 × 3 + 30 × 21) × 365 / 1 000 = 394 kWh/an si laissé en veille 24 h/24, mais seulement 164 kWh/an si éteint après usage. Le collègue du bureau d’à côté, celui qui affiche 0 € d’écart, n’a rien de magique : il a juste pris l’habitude d’appuyer sur le bon bouton avant de fermer la porte.

Pour ceux qui trouvent l’extinction manuelle contraignante, il existe une solution encore plus paresseuse et tout aussi efficace : la multiprise à interrupteur. Une multiprise avec interrupteur (5 à 15 €) coupe l’alimentation de la tour, de l’écran et des périphériques d’un seul geste, avec pour conséquence une consommation nulle hors usage. C’est probablement l’option la plus rentable du marché : quinze euros d’investissement, amortis en quelques mois, pour éliminer définitivement la tentation de laisser tourner la machine « juste au cas où ».

Et si le vrai coupable, ce n’était pas que le PC ?

Le PC fixe reste le mauvais élève du salon informatique, mais il n’est pas seul en cause. La box internet, la console de jeu et les chargeurs oubliés dans les prises forment ce que les spécialistes appellent le « talon de consommation », cette électricité qui file sans rien produire d’utile. À 4 watts en continu, un poste laissé sous tension 24 heures sur 24 avale près de 35 kWh sur une année, soit environ 7 euros au tarif réglementé, et si l’on ajoute la box internet, une console de jeu et les quelques chargeurs branchés en permanence, la note grimpe vite. D’ailleurs, à l’échelle du foyer entier, la note cachée est bien plus salée que celle d’un seul ordinateur : un foyer compte entre 15 et 50 appareils en veille, qui représentent 10 à 15 % de la facture selon l’ADEME.

Pour vérifier si votre propre PC fait partie des bons ou des mauvais élèves, pas besoin d’un diplôme d’électricien. Un wattmètre à brancher entre la prise et la machine, disponible pour une quinzaine d’euros en magasin de bricolage, affiche en direct la puissance tirée en veille. Si le chiffre dépasse 10 ou 15 watts, le geste du soir devient rentable en quelques semaines à peine. Et si votre foyer possède un compteur Linky, l’application de votre fournisseur permet souvent de repérer ce fameux talon de consommation nocturne, celui qui ne devrait théoriquement afficher presque rien pendant que tout le monde dort.